5 leçons pour les refuges pour animaux à travers la Sagesse de grands penseurs
- Éléments clés
- Respecter sa capacité de prise en charge
- Mettre en place un programme solide de santé préventive
- Développer et mettre à jour des protocoles et procédures complets (SOP)
- Analyzer et réduire les obstacles à l’adoption
- Aborder de façon proactive les enjeux comportementaux
- Conclusion
- Rédaction
Notre article est rédigé à partir de nos connaissances, recherches et expérience en médecine vétérinaire en milieu de refuge, ainsi que des publications scientifiques vétérinaires actuelles. Aucune intelligence artificielle générative n’a été utilisée pour rédiger ou modifier cet article.
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Éléments clés
Lorsqu’en refuge héberge plus d’animaux que son personnel et ses ressources ne peuvent adéquatement soutenir, tout le monde en subit les conséquences. Maintenir une population animale compatible avec la capacité réelle de l’équipe et des installations est l’une des mesures les plus importantes pour assurer le bien-être des animaux.
Un programme solide de santé préventive contribue à la santé physique et psychologique des animaux.
Des protocoles écrits permettent d’assurer des soins cohérents et uniformes. Ils devraient être élaborés avec la participation des personnes qui effectuent le travail au quotidien et être révisés régulièrement.
Les refuges qui privilégient un processus d’adoption ouvert, axé sur la communication et comportant peu d’obstacles obtiennent généralement de meilleurs résultats que ceux qui appliquent des politiques très restrictives. Il est souvent plus efficace de chercher des raisons de dire oui que des raisons pour dire non.
Le comportement est dynamique et plusieurs problèmes de santé mentale peuvent être traités. Les animaux qui reçoivent le soutien approprié ont souvent de meilleures chances d’obtenir une issue favorable.
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Respecter sa capacité de prise en charge
Plus vous possédez, plus vous êtes occupé; moins vous donnez.
— Mère TeresaImaginez que vous êtes un chien qui entre dans un refuge déjà surpeuplé. Des aboiements incessants, le bruit métallique des portes de chenils, des inconnus qui circulent rapidement devant vous. Chaque enclos est occupé et chaque chien cherche désespérément de l’attention, mais le personnel n’a tout simplement pas assez d’heures dans une journée pour répondre à tous les besoins. La surpopulation dans les refuges est à la fois désagréable et dangereuse.
Lorsqu’un refuge héberge plus d’animaux qu’il ne peut raisonnablement prendre en charge, les problèmes s’accumulent rapidement. Le personnel manque de temps pour détecter les premiers signes de maladie ou assurer les soins quotidiens. Les animaux reçoivent moins d’interactions positives avec les humains. Les espaces d’hébergement deviennent insuffisants, obligeant parfois les animaux à vivre dans des environnements plus restreints. Les animaux malades et en santé peuvent également être hébergés plus près les uns des autres qu’il ne serait souhaitable.
Dans un tel contexte, le stress augmente. Les animaux deviennent plus vulnérables aux maladies et leur santé mentale se détériore, ce qui réduit leurs chances d’obtenir une issue positive. Un cercle vicieux s’installe alors.
The number of cages in a shelter is not the number of animals a shelter should have. If every kennel and cage is full, the shelter has most likely taken in more animals than it can properly care for. True capacity is more than just housing. It’s also about whether the team can truly meet the medical, behavioural, and daily needs of every animal in their care, every single day. Le nombre de cages ou d’enclos dans un refuge ne représente pas nécessairement le nombre d’animaux qu’il devrait accueillir. Lorsqu’ils sont tous occupés, il est probable que le refuge ait dépassé sa capacité réelle. La capacité de prise en charge ne se limite pas à l’espace physique disponible. Elle dépend également de la capacité de l’équipe à répondre, chaque jour, aux besoins médicaux, comportementaux et primaires de chaque animal.
Comment déterminer votre capacité? Il faut d’abord analyser les entrées, les sorties et la durée de séjour des animaux, puis comparer ces données aux ressources humaines et matérielles réellement disponibles. Le programme Koret Shelter Medicine de l’Université de Californie à Davis met gratuitement à la disposition des refuges plusieurs outils gratuits pour effectuer ces calculs.
L’un des indicateurs les plus simples et les plus utiles est la durée moyenne de séjour (DMS). Il s’agit du temps écoulé entre l’arrivée d’un animal au refuge et son issue finale (adoption, transfert, retour au propriétaire, etc.). Une augmentation graduelle de la DMS constitue souvent un signal précoce indiquant qu’un ajustement est nécessaire.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette hausse : des goulots d’étranglement dans les opérations (par exemple, des délais prolongés pour la stérilisation), une augmentation du nombre d’animaux malades ou encore un manque de personnel. Nous recommandons de suivre et de communiquer régulièrement cet indicateur afin d’intervenir avant que les difficultés ne se transforment en crise. À lui seul, le taux d’adoption ne fournit pas toutes les informations nécessaires et peut parfois donner l’impression trompeuse que tout va bien.Un dernier point mérite d’être souligné : la mise en quarantaine systématique de tous les animaux à leur arrivée fait souvent plus de mal que de bien. Dans la plupart des situations, cette pratique augmente la charge de travail et le risque de surpopulation, tout en exposant paradoxalement les animaux à un plus grand risque de maladie.
Un examen d’admission rigoureux, la vaccination dès l’arrivée, un hébergement approprié, un environnement à faible niveau de stress et une surveillance quotidienne constituent généralement des mesures beaucoup plus efficaces pour protéger la santé des animaux
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Mettre en place un programme solide de santé préventive
Planifiez ce qui est difficile pendant que c’est encore facile; accomplissez ce qui est grand pendant que c’est encore petit.
— Sun TzuUn programme de santé préventive bien conçu n’empêchera pas toutes les maladies, mais il protégera la majorité des animaux contre les maladies les plus graves. Même lorsque certaines infections surviennent, comme la toux de chenil, les animaux vaccinés présentent généralement des symptômes moins sévères et récupèrent plus rapidement.
Chez les chiots et les chatons de moins de cinq mois, les anticorps maternels peuvent parfois empêcher les vaccins d’être pleinement efficaces. Comme il est impossible de prédire à quel moment cela se produira, ces jeunes animaux ne sont pas considérés comme complètement protégés. Pour cette raison, il est préférable de limiter autant que possible leur séjour dans les installations du refuge, tant pour leur santé que pour leur développement comportemental et social.
La section 4 des Standards of Care in Animal Shelters de l’Association of Shelter Veterinarians constitue une excellente ressource pour orienter les décisions concernant les vaccins prioritaires.
Tous les animaux devraient également recevoir un traitement antiparasitaire dès leur admission, particulièrement contre les parasites pouvant être transmis aux humains, comme les puces. En matière de parasitisme, la prévention est presque toujours plus simple et moins coûteuse que le traitement. Les œufs de certains parasites courants, notamment les ascaris et les ankylostomes, peuvent survivre longtemps dans l’environnement et résistent souvent aux désinfectants usuels.
Pour les parasites externes comme les tiques, la décision de traiter systématiquement tous les animaux ou seulement ceux qui sont infestés dépendra de la prévalence locale du parasite et du niveau de risque que le refuge est prêt à accepter.
Il ne faut pas oublier que le stress constitue lui aussi un facteur de risque important. Le stress chronique affaiblit le système immunitaire et augmente la susceptibilité aux maladies, même lorsque les autres mesures préventives sont en place.
Les refuges sont intrinsèquement des environnements stressants, mais de petits changements peuvent avoir un impact considérable. Offrir aux animaux un endroit où se cacher, des occasions d’interagir avec leur environnement, ainsi qu’une routine stable et prévisible contribue grandement à leur bien-être. La prévisibilité, le choix et le sentiment de contrôle sont aussi importants pour les animaux qu’ils le sont pour les humains confrontés à une situation stressante.
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Développer et mettre à jour des protocoles et procédures complets (SOP)
Sans standards, il ne peut y avoir d’amélioration.
— Taiichi OhnoLorsqu’un refuge ne dispose pas de protocoles écrits, les pratiques peuvent varier considérablement selon la personne en poste, son ancienneté et la façon dont elle a été formée. Les protocoles écrits sont des outils puissants de communication et de formation. Ils permettent d’assurer des soins cohérents, uniformes et fiables.
Sans ces éléments, ce qu’un membre du personnel ou un bénévole considère comme une « pratique normale » peut être complètement différent de ce qu’une autre personne applique sur le prochain quart de travail. Les nouveaux employés ou bénévoles ne reçoivent pas une formation uniforme, ce qui peut entraîner de la confusion et des conflits.
Un protocole peut être excellent sur papier, mais inefficace dans la pratique. Par exemple, des protocoles rédigés uniquement par une direction sans consultation du terrain risquent de ne pas refléter la réalité quotidienne. C’est pourquoi ils devraient toujours être élaborés avec la participation et la rétroaction du personnel de première ligne.
Les protocoles doivent également être révisés selon un calendrier établi, et non simplement « au besoin ». Les recommandations et les lignes directrices évoluent avec le temps. Il est important de désigner une personne responsable de planifier et de suivre ces révisions afin de s’assurer que les protocoles demeurent à jour.
Si un refuge ne sait pas par où commencer, l’Association of Shelter Veterinarians (ASV) offre à ses membres une base de données de protocoles couvrant des sujets médicaux et comportementaux. Ces ressources constituent d’excellents points de départ pour élaborer ses propres procédures.
Enfin, lorsqu’un refuge manque de ressources ou de temps pour rédiger ou réviser des protocoles fondés sur des données probantes, il est tout à fait approprié de demander de l’aide externe. Cela fait partie d’une approche responsable et durable de la gestion des soins.
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Analyzer et réduire les obstacles à l’adoption
Le perfectionnisme est la voix de l’oppresseur.
– Anne LamottUne personne qui franchit les portes d’un refuge à la recherche d’un animal représente déjà une réussite. Elle a choisi de venir et souhaite contribuer positivement à sa communauté. L’objectif est maintenant de lui permettre de repartir le plus facilement possible avec un nouveau compagnon.
L’équipe et les bénévoles des refuges ont généralement une grande compassion pour les animaux dont ils prennent soins. Cette passion est essentielle à leur engagement. Toutefois, elle peut parfois mener à l’ajout de barrières entre les animaux et les foyers potentiels qui les attendent.
Des politiques restrictives telles que de longs formulaires de demande, des visites à domicile ou des critères rigides concernant les clôtures ou le revenu du ménage sont souvent issues de bonnes intentions. Historiquement, les refuges ont cherché à identifier les raisons de remise en abandon des animaux afin de s’en servir comme critères de sélection pour les adoptants. Cependant, les recherches récentes montrent que ce modèle est imparfait et ne permet pas de prédire adéquatement les résultats d’une adoption.
Ces approches risquent surtout d’écarter des adoptants motivés et appropriés. Or, les personnes ayant une mauvaise expérience ne reviennent pas nécessairement et peuvent se tourner vers des sources moins encadrées.
L’objectif n’est pas de trouver un adoptant « parfait », mais plutôt un bon match et une famille aimante. Une approche basée sur la conversation, où le personnel prend le temps de comprendre les besoins et attentes des adoptants pour faciliter de bonnes correspondances, mène à de meilleurs résultats pour tous.
Le manuel Adopters Welcome de Humane World for Animals aide les organisations à identifier et réduire les barrières à l’adoption en privilégiant une approche centrée sur la discussion.
Le programme de médecine des refuges de l’Université de Californie à Davis propose également des ressources utiles pour réduire ces obstacles.
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Aborder de façon proactive les enjeux comportementaux
Certains deuils se soignent.
– William ShakespeareMême lorsque les refuges font tout leur possible pour réduire le stress, certains animaux peuvent présenter des enjeux de santé mentale pendant leur séjour. La bonne nouvelle est que plusieurs de ces problématiques sont traitables ou gérables, et les animaux qui reçoivent le soutien approprié deviennent souvent hautement adoptables.
Le comportement est influencé par de nombreux facteurs, notamment la génétique, les expériences passées et l’environnement. Ainsi, le comportement d’un animal peut évoluer considérablement avec le temps. Lorsqu’un enjeu comportemental se manifeste, plusieurs outils peuvent être utilisés:
Gestion de l’environnement
Cela peut inclure une réflexion approfondie sur les conditions d’hébergement afin de s’assurer qu’elles respectent les normes publiées, la réduction des facteurs de stress et l’augmentation du contrôle et des choix offerts à l’animal dans son environnement.Enrichissement
Il devrait être un standard quotidien pour tous les animaux en refuge, et non un ajout occasionnel. Cela peut comprendre des jouets interactifs, des distributeurs de nourriture, la rotation des jouets, la stimulation visuelle (p. ex. « télévision pour chats »), les périodes de jeu, les promenades quotidiennes et l’accès à une cour pour les chiens, ainsi que des interactions positives avec les humains.Renforcements comportementaux (BMOD)
Il repose sur des méthodes positives et basées sur la récompense afin d’aider les animaux à se sentir plus en sécurité et à modifier leurs réponses au fil du temps. Cela peut inclure de courtes séances d’entraînement ludiques, une désensibilisation progressive à des stimuli stressants et l’apprentissage de nouvelles expériences avec des personnes et environnements variés.Médication comportementale
Lorsqu’elle est prescrite par un vétérinaire, elle peut aider certains animaux à réduire leur peur, leur anxiété et leur stress à un niveau leur permettant de mieux répondre aux programmes de modification comportementale. Elle peut également améliorer la qualité de vie des animaux qui peinent à s’adapter à la vie en refuge. -
Conclusion
Ces cinq thèmes reviennent fréquemment dans les refuges et les organismes de sauvetage, peu importe leur taille. Nous espérons qu’ils pourront servir de points de départ à des discussions au sein de vos équipes, afin de réfléchir aux domaines où des améliorations sont possibles.
L’objectif est de continuer à se demander s’il existe de meilleures façons de faire, et d’être prêt à mettre en œuvre des changements positifs. Chaque petite amélioration contribue à offrir une meilleure expérience aux animaux dont vous avez la charge.
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Rédaction
Wesley Cheung, BVSc, DABVP (Médecine vétérinaire en refuge)
Emilia Wong Gordon, DVM, DABVP (Médecine vétérinaire en refuge)Traduction :
Victor Gaudreault, Technicien vétérinaire




